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10 Jan 2010 

14 octobre 2008

Ca recommence. Comment est-ce possible? Je ne sais pas mais ça recommence.
Je retombe malade.
Ce soir, il y avait un souper avec des collègues. Je n'avais pas envie d'y aller. Je me sentais mal. Je sais ce qu'il faut faire dans ces cas-là. Rentrer chez moi et me protéger du monde. Si on se force, c'est pire.
Mais j'y suis allée. Et la converation a dérapé sur M. J'ai pris un peu sa défense et puis j'ai dit que je préfèrais ne pas en parler. J'allais dire des choses méchantes.
Mais ça a été la goutte d'eau.
J'avais les larmes aux yeux, je n'écoutais plus rien de ce qu'ils disaient, j'étais dans le brouillard, je ne disais rien. Je ne saurais pas dire de quoi ils ont parlé. Je n'en ai aucune idée.
Ils disent qu'il n'y a qu'à se prendre en charge. Comme si c'était si simple. Je me prends en charge depuis dix ans. Et je retombe quand même. Je prends mes médicaments tous les jours, absolument tous les jours.
Les autres fois, ça recommençait, mais je n'étais pas soignée.
Et là, je prends mon traitement, j'ai fait une psychothérapie, et je retombe malade quand même.
J'ai trente ans.
Ca devait être le début d'une nouvelle décennie, sans la maladie.
J'avais tourné la page sur ces années de maladie.
J'ai tout fait pour guérir, tout ce qu'il fallait. Alors pourquoi ça ne marche pas?
Ils disent qu'on peut avoir des rémissions complètes après dix ans. Je croyais que c'était mon cas. Ca fait treize ans.
J'ai fait ce blog parce qu'il était un témoignage du passé. Une page tournée.
Je suis partie après le resto, je ne suis pas allée chez C. avec les autres.
Ils auront parlé de moi, c'est sûr.
Et si c'est pour dire les mêmes choses que sur M. ...
Y a qu'à se prendre en charge. C'est facile à dire, pour eux. Ils ont les problèmes de la vie à régler, alors oui, on les prend en charge et on les résout. Mais cette maladie de merde, ce n'est pas si simple. On fait tout, on n'arrête pas de se battre et elle est toujours là.
Demain j'appelle ma psychiatre.
Ils ne savent pas mais ils jugent.
Je suis en train d'essayer de ne pas m'écrouler.
J'ai pleuré en rue. J'étais ailleurs au resto. Depuis combien de temps ça ne m'est plus arrivé?
Je sais que je prends trop à coeur ce qu'ils disent sur M. parce que ça me renvoie à moi-même.
Qu'est-il arrivé pour que je retombe?
Je ne serai jamais comme eux, de toute façon.
J'étais arrivée à accepter leur monde quand même.
Mais là, ça me fait trop mal.
Heureusement que j'ai mon chien. Et j'ai ma psychiatre. Et mes médicaments.
Je n'avais pas tout ça les autres fois. Mais justement, ça m'inquiète d'avoir tout ça et que ça recommence quand même.
Admin · 14 vues · 0 commentaires
Catégories: Le journal de mes années de maladie
24 Jan 2010 

"Histoires autour de la folie", DVD

Histoires autour de la folie

2006, 211 min, couleurs

de Paule Muxel, Bertrand de Solliers

synopsis

Depuis la Deuxième Guerre mondiale, les traitements psychiatriques ont beaucoup évolué : à l’enfermement hérité du 19ème siècle s’est substituée la volonté de réinsertion, tandis que le regard médical et social sur la folie évoluait. Ville-Evrard, en région parisienne, est un hôpital de santé mentale modèle, tel qu’on les concevait voici plus d’un siècle. Paule Muxel et Bertrand de Solliers donnent la parole à certains de ceux qui y ont vécu ou travaillé, retraçant ainsi la genèse de l’histoire psychiatrique occidentale.

commentaire

« C’est un document saisissant, qui laisse des traces profondes. » Pierre Bourdieu

« je vous dis combien j'ai été impressionné par le rapport tendu de la parole et des lieux vides. » Gilles Deleuze, dans une lettre aux réalisateurs

presse

  • « C’est à la fois un extraordinaire document sur l’histoire de la psychiatrie en France et un passionnant document sur les conséquences de l’enfermement pour les malades mentaux. » (Le Monde)


Aux Editions Montparnasse

Admin · 17 vues · 0 commentaires
Catégories: Vidéos
24 Jan 2010 

22 octobre 2008

J'ai rendez-vous avec ma psychiatre vendredi. Normalement, car elle sera de garde, et il faut espérer qu'il n'y aura pas d'urgences.
Tout le monde a été gentil avec moi ce matin.
Ils ont sûrement parlé de moi. H. a sans doute tout raconté, au cas où quelqu'un ne saurait pas encore. Ils sont visiblement plus tolérants avec moi qu'avec M.
Je me plais à imaginer qu'ils compatissent et ne condamnent pas, mais je me trompe peut-être. Après tout, le mari d'A. est psychiatre et elle a peut-être plus de bon sens.
J'avais l'impression qu'ils réagissaient comme Ch. quand je suis sortie de l'hôpital.
J'ai fait des efforts pour paraître bien mais ça m'a complètement épuisée. Je n'en pouvais plus à la fin de la journée.
Admin · 11 vues · 0 commentaires
Catégories: Le journal de mes années de maladie
24 Jan 2010 

Nouvelles mesures pour éviter les suicides en prison

Suicide en prison : MAM sort son plan

Cellules individuelles, autonomie accrue, la ministre de la Justice a dévoilé, hier, des mesures visant à lutter contre le suicide en milieu carcéral en «imitant la vie à l’extérieur». Sans préciser avec quels moyens.

 

Par SONYA FAURE



Tour à tour, la conférence de presse a pris des allures de talk-show : l’ex-taulard Pierre Botton faisait allusion à sa tentative de suicide en prison - «un surveillant m’a sauvé la vie» -. Ou des airs de comptabilité macabre : Michèle Alliot-Marie assurait que les détenus se sont moins donné la mort depuis son plan de prévention annoncé en août, chiffres à l’appui.

Hier, la garde des Sceaux présentait les grandes lignes de sa politique pénitentiaire. En 2009, 115 détenus se sont donné la mort entre les murs, contre 109 en 2008, selon le ministère. Qui a admis qu’en y ajoutant les suicides commis en permission, sous bracelet électronique, etc. le chiffre atteignait 122 en 2009. Pour contrer cette terrible exception française, MAM a d’abord vanté son programme immobilier : en 2017, la France comptera 68 000 places et une soixantaine d’établissements vétustes devraient être fermés. Une nouveauté surtout : Alliot-Marie est revenue sur ce qui avait été décidé par ses prédécesseurs et rejeté l’idée de construire d’énormes prisons de 1 000 places. «Cela m’a semblé inhumain», a-t-elle expliqué, répondant ainsi aux critiques récurrentes contre les prisons modernes et «déshumanisées». Désormais, les nouveaux établissements abriteront 700 personnes maximum. L’encellulement individuel y serait la règle : «Pour nous empêcher de tricher, la taille des cellules sera réduite à un peu moins de 9 m2, ce qui rendra impossible d’y mettre deux personnes. Et mon objectif est de proposer cinq heures d’activité par jour à chaque détenu.» Autre nouveauté, sans budget ni calendrier : «L’expérimentation d’établissements qui imiteraient de la manière la plus exacte possible la vie à l’extérieur», a expliqué la ministre. Manière de préparer la réinsertion.


Choc.
«Ce sont des mesures qui peuvent effectivement donner envie de vivre, reconnaît Stéphanie Djian, de l’Observatoire international des prisons. On sort enfin des politiques de prévention qui se souciaient juste d’empêcher le détenu de trouver une corde pour se pendre. Mais quels moyens seront consacrés à ces bonnes idées ? Combien de détenus seront concernés ?»

Selon l’Ined, un quart des suicides a lieu dans les deux mois qui suivent l’incarcération. Et c’est Pierre Botton qui est chargé, de manière plus anecdotique, de mener une expérimentation à la maison d’arrêt de Nanterre contre le choc carcéral des premiers jours de prison. «Le choc carcéral c’est ça : vous avez bu, vous avez pris la voiture, il y a un accident. Vous faites 48 heures de garde à vue, vous n’êtes pas lavé, vous êtes sonné. Votre famille ne sait pas où vous êtes, vous arrivez en maison d’arrêt, on vous fouille, nu», a-t-il attaqué avant de détailler son dispositif : un téléphone sera installé à côté du greffe pour permettre au nouvel arrivant d’appeler sa famille ; en cellule, un écran télé lui expliquera ce qui va lui arriver… En France, le taux de suicide a été multiplié par 5 depuis les années 1960, selon l’Ined. «Et ça mérite un plan plus drastique», estime le Dr Louis Albrand, auteur d’un rapport sur la prévention des suicides rendu à Rachida Dati en 2009, dont il a ensuite nié être l’auteur.


Privatisation.
Depuis, l’ancien conseiller pénitentiaire d’Albin Chalandon s’est auto-saisi et vient de boucler 20 nouvelles propositions qu’il veut déposer sur le bureau de Nicolas Sarkozy : faire supporter le coût de la détention provisoire par le budget de l’instruction et non plus sur celui de l’administration pénitentiaire, par exemple. «Les juges y réfléchiront à deux fois avant de mettre un prévenu en préventive, qui devient, en France, une manière de faire parler», explique-t-il. Il préconise aussi de rémunérer le travail en prison au même salaire qu’à l’extérieur ou de sortir les 15 000 malades mentaux graves des prisons pour les placer dans les hôpitaux psychiatriques : «Pour eux, la peine n’a aucun sens, ils ne savent pas, eux-mêmes, ce qu’ils font en prison».

Enfin, plus polémique : Albrand propose de créer, à côté des surveillants pénitentiaires fonctionnaires, un corps de surveillants employé par des entreprises privées, pour «recruter sur des bases plus modernes et revaloriser le métier». Une privatisation que craignent des organisations comme l’Observatoire international des prisons. Aujourd’hui, déjà, la construction et l’entretien des nouveaux établissements, la restauration sont déléguées au privé, sans qualité améliorée. Le Dr Albrand estime qu’en dix ans, 1 500 personnes se sont donné la mort en prison - une extrapolation peu vérifiable. «80% d’entre eux étaient en préventive. Ils n’avaient pas même été condamnés.» Depuis le 1er janvier, il y a déjà eu 7 morts suspectes en détention, selon l’association Ban public. Un mort tous les deux jours.

www.liberation.fr

Admin · 8 vues · 0 commentaires
Catégories: Actualités
24 Jan 2010 

Expertises psychiatriques

Françoise Cotta. "Un modèle accusatoire"

 

Par SONYA FAURE


«La réforme risque de mettre à mal les droits de la défense. Comment penser que le procureur de la République, qui mènera l’accusation à l’audience, au nom de la société, pourra instruire lors de son enquête, non seulement à charge mais aussi à décharge, comme le faisait le juge d’instruction ?

«Cette réforme s’approche d’un modèle à l’anglo-saxonne, un modèle "accusatoire" [le système français, lui, est qualifié d’"inquisitoire", ndlr]. Le seul contrepoids à l’accusation, au parquet donc, sera la défense. Mais avec quels moyens ? Jusqu’à présent, quand l’avocat d’un prévenu voulait qu’une expertise psychiatrique soit menée ou un témoin entendu, il le demandait au juge d’instruction, neutre, qui ne pouvait pas lui refuser. Demain, il devra le demander au procureur. Mais s’il refuse ? L’existence d’un juge de l’enquête et des libertés, qui peut ordonner au procureur de faire certains actes à la demande de la défense, ne me rassure pas : c’est plus un alibi qu’une garantie. Je crains que la défense doive payer ses propres expertises, à l’américaine. Aujourd’hui, 80% de mes clients n’ont pas les moyens de me payer et font appel à l’aide juridictionnelle. Seuls les plus fortunés auront donc les moyens de payer des expertises psychiatriques pour contrer l’accusation. Les plus démunis, comme les classes moyennes, seront pénalisés.»

Françoise Cotta, avocate, a notamment défendu un membre du gang des barbares.

www.liberation.fr

Admin · 33 vues · 0 commentaires
Catégories: Actualités
24 Jan 2010 

La logique du chiffre contre le secteur

«La loi Bachelot supprime tout espace de débat»

SANTÉ - Le Dr Pierre Paresys, psychiatre à l'EPSM des Flandres, a été démis de ses fonctions de médecin-chef par le directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH). Une sanction hiérarchique parce que le bilan quinquennal présenté par le médecin est «un réquisitoire contre l'Agence régionale de l'hospitalisation et la direction de l'établissement», selon l'arrêté de l'Agence. L'intéressé a saisi le tribunal administratif. Il persiste à contester les logiques de rentabilité et affirme son droit à la prise de parole. L'Agence ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet.



Que vous reproche-t-on ?

De défendre la politique de secteur, et de vouloir des moyens suffisants pour l'accès aux soins pour tous et partout. Voilà que le code déontologique devient révolutionnaire.


Plus précisément ?

Nous avions signé une convention avec la polyclinique de Grande-Synthe pour ouvrir une unité de soins psychiatriques. Ouvrir un hôpital de proximité me paraissait justifié. L'ARH y est opposée. Pourtant, c'est important pour nous de s'inclure dans une structure banalisée, pour faciliter l'accès aux soins, mais aussi pour assurer leur continuité. Ce travail de décentralisation de la politique de secteur faisait que les gens venaient assez facilement. Sur notre secteur de Grande-Synthe, nous accueillons 1 800 personnes par an, dont 700 à 800 nouveaux cas. Aujourd'hui, l'EPSM des Flandres travaille sur deux sites dans le Dunkerquois, Grande-Synthe et Capelle la Grande. On veut nous regrouper sur Capelle la Grande, pour concentrer les moyens et faire des économies. Quand on voit la structuration des transports publics dans la communauté urbaine, cela veut dire que des patients ne viendront plus jusqu'à nous.


Vous dénoncez une casse de la politique de secteur...

Une politique de secteur, c'est se donner les moyens de soigner une population sur un espace donné, en assurant une continuité dans le temps et dans l'équipe, et en traitant l'individu dans sa globalité. Assurer une politique de secteur, cela veut dire donner un budget global à une équipe. Or, aujourd'hui, nous sommes dans une logique du chiffre. La psychiatrie n'est pas encore soumis à la tarification à l'acte, et heureusement, car pour nous, le non-acte peut être plus important que l'acte. Par exemple, le temps que je passe à discuter avec les chefs de service de la polyclinique de Grande-Synthe est au bénéfice des patients.Ce partage assure la cohésion d'une équipe autour du patient. Mais la logique, c'est privilégier les pathologies rentables.Un exemple : la chambre d'isolement est plus chère en tarif de jour ; on pourra encourager la mise en chambre d'isolement. Ou réduire la demi-heure de consultation à un quart d'heure. Mais c'est comme cela qu'on fabrique de la violence, avec du personnel fatigué et des patients mal reçus.


Votre autre inquiétude majeure concerne la liberté de parole au sein de l'hôpital...

Ce qui m'arrive est assez symptomatique. La loi Bachelot supprime tout espace de débat. Elle transforme le directeur en super chef comptable, avec une simple lettre de mission, strictement financière, qui ne se réfère pas au contexte de terrain. La comptabilité des hôpitaux, c'est Bercy, les orientations hospitalières, c'est Bercy.

Recueilli par S.M.   

www.liberation.fr

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24 Jan 2010 

Plutôt que d'enfermer...

Sur scène, les Turbulents balayent le handicap

Chapiteaux . La compagnie parisienne réunit 35 jeunes autistes qui montent entièrement leurs spectacles.


Par CLAIRE GILLOT Reporters d’espoirs



Porte de Champerret, à Paris, deux chapiteaux colorés se détachent du décor. Comme tous les jours, la compagnie des Turbulents s’apprête à reprendre le travail. Une troupe un peu particulière, puisqu’elle réunit 35 jeunes artistes atteints d’autisme. Tous évoluent depuis 2007 dans ce lieu de création et de spectacle dont la particularité est d’être un établissement et service d’aide par le travail (Esat), ainsi qu’une section d’adaptation spécialisée (SAS).

L’ambiance est bruyante et joyeuse. «C’est la vie de troupe qui veut ça !» explique Odile Dreiss, chef de service de l’Esat. Animés par une vingtaine de moniteurs et de professionnels du chant, du théâtre et des arts plastiques, les ateliers et les répétitions s’enchaînent et permettent aux artistes autistes d’acquérir de vrais savoir-faire. Bien plus qu’une passion, c’est un véritable travail, puisque tous sont rémunérés et ont un statut de «travailleur» auprès de l’Esat.


«Authenticité».
Auteurs, acteurs, musiciens, décorateurs ou metteurs en scène, les Turbulents font tout. A commencer par imaginer entièrement leurs spectacles. Ils font preuve «d’une créativité déroutante», affirme Alexandra Lefebvre, éducatrice spécialisée. A l’image d’Alain, 27 ans, qui a intégré la troupe il y a trois ans : «Je suis designer et écrivain, passionné par le fantastique.» Ses nombreux textes, qui vont du poème à la bande dessinée, alimentent le Turbuland, un ouvrage artistique édité et vendu aux Chapiteaux. Anselme, quant à lui, est un slameur qui n’a rien à envier aux plus grands. «Les artistes avec qui il a travaillé sont très impressionnés par sa plume et son authenticité», raconte Alexandra.

Chacun met donc ses talents et ses envies au service des projets de la compagnie : spectacles, tournées, animations culturelles, mais aussi collaborations avec d’autres troupes. Les Turbulents n’hésitent pas non plus à se produire sur d’autres scènes parisiennes (théâtre du Lucernaire, Studio Bleu, etc).


Autonomie.
La tâche n’est pas toujours facile. L’autisme, c’est aussi des coups d’éclat, des crises d’angoisse. C’est là qu’éducateurs, psychologue et psychiatre interviennent pour rassurer. «La manière de travailler ici contraste clairement avec la logique enfermante de la plupart des autres établissements d’accueil. Si nous structurons les journées pour donner des points de repère à chacun, nous veillons surtout à conserver des espaces de liberté. Cela fait du bien à tout le monde», confie Alexandra.

En coulisse ou sur scène, les membres de la troupe ont trouvé leur place. Aucun ne s’imaginerait travailler ailleurs. Pour eux, c’est un premier pas vers l’épanouissement social et professionnel, mais aussi vers un peu d’autonomie financière. «Si l’autisme est un handicap lourd, pour lequel il n’existe pas de guérison à proprement parler, il est primordial que les autistes aient accès, comme tout un chacun, à différents types de professions, qu’elles soient manuelles ou intellectuelles», explique Mireille Lemahieu, présidente de l’association Autisme France.

Pour connaître les dates des représentations des Turbulents : www.turbulences.eu

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24 Jan 2010 

Une nomination discutable

Un anti-IVG à la tête d’un HP

reims . La nomination de Xavier Dousseau, activiste contre l’avortement, dans un important établissement psychiatrique déclenche un tollé.


 

Par ERIC FAVEREAU



«Un fou de Dieu» en charge d’un important hôpital psychiatrique public, à Reims ? La ministre de la Santé, Roselyne Bachelot vient de nommer Xavier Dousseau, directeur de l’Établissement public de santé mentale de la Marne (EPSMM). Cette nomination, effective le 1er janvier, aurait pu passer inaperçue, mais voilà, tout le milieu de la psychiatrie locale est monté au créneau pour dénoncer cette «nomination ahurissante».

Menottes. «Comment faire confiance et travailler avec un directeur qui s’est attaché aux blocs opératoires de son propre hôpital pour empêcher des IVG ?» s’interroge ainsi un psychiatre, chef de service à Reims. De fait, ce nouveau directeur, Xavier Dousseau, n’est pas un personnage tout à fait banal. En octobre 1995, alors directeur adjoint de l’hôpital de Valenciennes (Nord), il avait pris la tête d’un commando anti-avortement, s’était enchaîné à une table d’opération dans la salle d’intervention du centre d’IVG de son propre établissement, et cela avec dix autres personnes menottées les uns aux autres. Il avait fallu faire appel aux pompiers et aux policiers pour les déloger. Xavier Dousseau avait été immédiatement suspendu de ses fonctions et poursuivi en justice.

Pour expliquer son geste, il n’avait pas vraiment eu d’états d’âme. «Je n’en pouvais plus de ma complicité passive. Je réclame, pour les personnels hospitaliers, le même droit à l’objection de conscience que pour les médecins», disait-il, alors. L’homme, en tout cas,est fidèle. Ce combat, il le mène depuis des années. Membre de la communauté chrétienne Pain de vie, il militait aussi dans le groupe Mère de miséricorde, association d’aide aux mères en difficulté.

Suspension. Lors de son procès, la justice s’est montrée peu sensible à son argumentaire. Le tribunal correctionnel de Valenciennes l’a condamné à 18 mois de prison, dont 9 avec sursis et 3 000 € d’amende. Quatre autres prévenus ont aussi été condamnés à de la prison ferme. En appel, la sanction a été ramenée à 18 mois avec sursis pour Xavier Dousseau, «reconnu coupable d’entrave au fonctionnement d’un service assurant des interruptions volontaires de grossesse», un délit créé par une loi de 1993. Outre la sanction pénale, Xavier Dousseau a été suspendu de ses fonctions de directeur pendant deux ans.

Parti en mission en Afrique, il a peu après repris du service, dirigeant une maison de retraite, avant d’être nommé directeur adjoint de l’hôpital psychiatrique de Saint-Dizier (Haute-Marne). Selon la presse départementale, il a changé. Et lors de sa dernière affectation, il était apprécié. «Nous n’avons vraiment rien à lui reprocher», a indiqué une déléguée CFDT.

Serait-ce alors illégitime de s’interroger sur la pertinence de cette nouvelle nomination ? «La question se pose. Dans un hôpital psychiatrique, la tolérance vis-à-vis de l’autre est essentielle. Nous sommes catastrophés par ce choix», conclut ce chef de service rémois.

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